Le Horn et le Boulard
Dans le cadre de nos croisières, le Boulard contourne le Cap Horn dix fois l'an. Souvent avec des vents favorables « de secteur ouest » n'excédant pas 35 noeuds. Si nous sommes surpris par le mauvais temps, nous trouvons de nombreux refuges sûrs et faciles d'accès.
Il y a peu de risques d'attraper le mal de mer lors d'une croisière au Cap Horn, pour la bonne raison que nous ne sommes confrontés à la houle du large que le temps de quelques bords à l'approche de notre but que nous atteignons sabre d'une main et champagne de l'autre.
Si l'orientation du vent le permet, nous débarquerons sur l'île du Horn, à la caléta Léon, pour inscrire un message sur le livre d'or de « la cabane des marins » la plus australe de la planète. Le Cap Horn salué et l'éventuel débarquement sur l'île accompli, nous regagnons à Puerto Williams, devant un feu de bois, le club nautique du « micalvi » le plus austral des trois océans, un repère de Cap-horniers balise d innombrables témoignages chaleureux.
Nos équipiers ne quittent jamais le bord avec la sensation d'avoir souffert du froid ou de l'humidité. Les cirés ou les vêtements chauds confectionnés à notre époque sont autant de barrières infranchissables au petit froid de l'été austral. La température varie entre 5 et 15 degrés, parfois vingt. Les vêtements, s'ils sont humides, le soir sont séchés à la chaleur du poêle.
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